Atlas du chanvre et du cannabis · MJ Store
La filière française du chanvre industriel comprend notamment des acteurs dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, dans les Pays de la Loire, en Île-de-France, en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Ces exemples relient cultures, semences et transformation ; ils ne constituent pas un classement des superficies. Le panorama distingue les métiers, les débouchés et les chiffres datés, sans confondre chanvre industriel et ensemble du marché du CBD.
De quelle filière française parle-t-on ?
Le chanvre relie plusieurs activités : sélection de variétés, production agricole, préparation des matières, fabrication et commercialisation. Pour comprendre son implantation française, il faut regarder les relations entre ces activités autant que les champs.
Le présent panorama porte principalement sur le chanvre industriel destiné aux graines et à la paille. InterChanvre précise que le CBD est sorti de son périmètre d’intervention le 1er janvier 2024. Ses statistiques ne doivent donc pas être présentées comme un décompte de tous les producteurs, commerces ou emplois du CBD. Source : périmètre déclaré par InterChanvre.
Les mots recouvrent une plante commune, mais les marchés et les organisations diffèrent. Notre dossier sur la filière française du chanvre CBD traite les repères propres à ce débouché. Ici, nous suivons les acteurs qui relient notamment agriculture, alimentation et matériaux.
Surfaces et producteurs : toujours garder la date et la source
La présentation d’InterChanvre annonce pour 2024 24 600 hectares et 1 850 producteurs. La fiche Agreste publiée par la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté le 20 novembre 2025 cite, dans son introduction nationale, 23 600 hectares et 1 550 producteurs pour 2024.
Ces chiffres ne concordent pas. Les pages consultées ne fournissent pas la réconciliation méthodologique permettant d’expliquer précisément l’écart. Nous les attribuons donc à leurs sources, sans choisir arbitrairement une valeur, calculer une moyenne ou inventer une cause. Ce sont des repères de 2024, pas un bilan national de 2026.
- Quelle année est mesurée, et quand le document a-t-il été publié ?
- Compte-t-on des hectares, des exploitations, des adhérents ou des salariés ?
- Le périmètre est-il national, régional ou limité à un réseau ?
- S’agit-il d’une mesure, d’une estimation ou d’un objectif annoncé ?
Une surface agricole ne se convertit pas directement en chiffre d’affaires, en emplois ou en tonnes de produit fini. Ces indicateurs demandent chacun leurs propres données. Nous ne proposons donc pas de total économique additionnant des marchés qui pourraient se recouper.
Des bassins régionaux reliés aux outils de transformation
Les exemples suivants constituent des repères documentés, sans prétendre inventorier tous les producteurs ni classer les régions par superficie.
Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté
La Chanvrière est implantée à Saint-Lyé, dans l’Aube, comme l’indique sa présentation officielle. La DRAAF décrit des cultures en Yonne, Côte-d’Or et Haute-Saône proches des pôles de transformation. Elle cite notamment La Chanvrière et Eurochanvre parmi les acteurs travaillant avec les producteurs de Bourgogne-Franche-Comté. Cette géographie rappelle qu’un bassin d’approvisionnement peut franchir une limite régionale.
Pays de la Loire : semences et biomatériaux
À Beaufort-en-Anjou, HEMP-it est spécialisé dans la sélection, la production et la commercialisation de semences de chanvre industriel. En Vendée, Cavac Biomatériaux présente ses activités de défibrage et de nappage de fibres. Ces exemples illustrent deux positions différentes dans la chaîne : préparer la semence et transformer des matières.
Île-de-France : un exemple en Essonne
Gâtichanvre, à Prunay-sur-Essonne, décrit des débouchés pour la fibre, la chènevotte et le chènevis. Son historique distingue l’arrêt de l’ancien site, la reprise de l’entreprise en 2021 et les développements ultérieurs. Une date de création ne suffit donc pas à raconter la continuité réelle d’un outil industriel.
Occitanie : relier défibrage et textile
Dans une publication du 11 janvier 2024, Virgocoop documente le démarrage d’une première machine de défibrage à Caylus à l’automne 2023. L’organisation relie cette étape à des transformations textiles et à son atelier de tissage à Castres. C’est un jalon industriel daté, plutôt qu’une simple annonce générale sur le retour du chanvre.
Auvergne-Rhône-Alpes : AURA Chanvre, une filière en construction
L’association AURA Chanvre rassemble des agriculteurs et des acteurs du textile autour d’un projet de filière locale. Elle présente la création d’une coopérative comme un objectif et travaille à l’implantation d’une chanvrière pour défibrer les pailles et séparer la chènevotte. Elle vise notamment les débouchés du textile et du bâtiment.
Il s’agit d’un projet de structuration, pas de la confirmation d’une usine déjà opérationnelle. Sur son site consulté le 6 octobre 2026, l’association déclare 8 administrateurs, 3 salariées et une trentaine d’adhérents. Ces repères décrivent l’organisation à cette date de consultation ; ils ne mesurent ni les emplois de toute la filière régionale, ni sa capacité industrielle.
Nouvelle-Aquitaine : un chiffre de réseau, pas un total régional
La Région Nouvelle-Aquitaine indique que les membres de son groupement régional ont cultivé 396 hectares en 2025. Elle décrit un accompagnement des initiatives territoriales depuis 2020, principalement pour la construction et l’agroalimentaire. Le périmètre « membres du groupement » doit rester attaché au chiffre : on ne peut pas le transformer en superficie exhaustive de la région.
Pour un éclairage événementiel sur la construction en Nouvelle-Aquitaine, consultez notre dossier du colloque chanvre construction à Bordeaux en 2026. Il présente les publics concernés, les informations pratiques et les questions d’assurabilité, en séparant les annonces confirmées du programme encore attendu.
La présence d’une usine, d’un semencier ou d’un réseau constitue un point de repère. Elle ne prouve pas que toutes les opérations d’un produit commercialisé dans la région y sont réalisées.
Quels métiers interviennent, de la semence au produit ?
Pour lire cette chaîne, on peut distinguer cinq familles de fonctions. Il s’agit d’un schéma des activités, pas d’un recensement d’offres d’emploi ou de formations.
- Sélection et semences : créer et évaluer des variétés, multiplier et préparer les graines destinées aux semis. HEMP-it distingue notamment l’innovation variétale de la production et de la commercialisation des semences.
- Production agricole : organiser la culture et la livraison des matières dans le cadre du débouché retenu. InterChanvre décrit des contrats entre agriculteurs et chanvrières, avec des exigences de qualité.
- Première transformation : séparer et préparer les constituants de la paille. Le défibrage distingue la fibre périphérique de la partie ligneuse, la chènevotte, avec une fraction fine. InterChanvre décrit ces opérations de première transformation.
- Fabrication : transformer les matières en composants ou en produits. Le nappage de fibres chez Cavac et le tissage évoqué par Virgocoop illustrent des opérations différentes du défibrage.
- Accompagnement : relier recherche, caractérisation, développement des débouchés et coordination territoriale. Les programmes d’innovation de HEMP-it et l’accompagnement régional en Nouvelle-Aquitaine en donnent deux exemples.
Les métiers textiles après la première transformation
Le lexique InterChanvre 2026 précise les opérations aval : affinage, cardage et peignage, cotonisation et préparation des mélanges, filature, tissage, ennoblissement, puis confection. Elles mobilisent donc des fonctions de préparation des fibres, de fabrication du fil, de production de l’étoffe, de finition et d’assemblage. Cette lecture complète les cinq familles ci-dessus sans constituer un décompte d’emplois. Notre chaîne de valeur du chanvre cotonisé détaille le parcours.
Un même acteur peut réunir plusieurs fonctions ; une autre chaîne répartit les étapes entre plusieurs entreprises. Compter seulement les salariés d’une chanvrière ne mesurerait donc pas tous les métiers associés à un produit.
Le dossier fibres, graines ou fleurs : trois orientations de filière approfondit les différences de matières et d’objectifs.
Les débouchés se comprennent matière par matière
Gâtichanvre décrit, dans sa présentation, des destinations distinctes : les fibres pour des papiers, isolants et biocomposites ; la chènevotte pour le paillage, la litière ou le bâtiment ; le chènevis pour l’alimentaire et la cosmétique. Cette répartition montre pourquoi le mot « chanvre » ne suffit pas à identifier un produit.
Les caractéristiques utiles dépendent ensuite de la fabrication. Une fibre préparée n’est pas encore un tissu ; de la chènevotte n’est pas à elle seule un mur ; une graine n’est pas une huile au CBD. Pour suivre les transformations, poursuivez avec nos dossiers sur le chanvre textile et les matériaux d’isolation au chanvre.
Une entreprise peut annoncer plusieurs débouchés sans indiquer quelle part de son activité chacun représente. En l’absence de données comparables, une liste d’usages ne doit pas être transformée en graphique de parts de marché.
Comment vérifier une promesse de chanvre français ?
Pour évaluer l’origine d’un produit, il est utile de poser des questions étape par étape. Une adresse française de marque répond à une question différente du lieu où la plante a poussé.
- Matière : de quelle partie de la plante s’agit-il, et quelle proportion du produit représente-t-elle ?
- Culture : l’origine de la récolte est-elle documentée pour la matière concernée ?
- Transformation : où sont réalisés le défibrage, le filage, le tissage, le pressage ou l’assemblage pertinents pour ce produit ?
- Traçabilité : quels documents relient les affirmations au fournisseur, au produit et, lorsque cela s’applique, au lot ?
Cette grille sert à demander une information précise. Elle ne constitue pas une règle juridique d’étiquetage ni une certification d’origine. Un exemple industriel français ne prouve pas non plus l’origine de tous les articles vendus par une autre entreprise.
Enfin, la proximité géographique ne suffit pas à établir un bilan environnemental complet. Notre dossier sur le bilan environnemental du chanvre explique comment intégrer transformation, usage et fin de vie à la comparaison.
Comment d’autres pays structurent-ils leur filière chanvre ?
Les modèles étrangers ne sont pas directement transposables au droit français, mais ils permettent de comparer les choix de politique publique. Le Canada finance depuis août 2026 une partie de la promotion et de la recherche par une redevance de 0,5 % sur certaines transactions de chanvre industriel. Aux États-Unis, les débats portent notamment sur la définition fédérale du chanvre et sur le calendrier réglementaire de novembre et décembre 2026.
Ces exemples éclairent deux leviers différents : le financement collectif d’une filière et la délimitation juridique des produits. Ils ne modifient ni les règles françaises de culture ni celles applicables au CBD en France.
Dossier documentaire préparé le 24 septembre 2026. Les chiffres gardent leur millésime et leur source. Les présentations d’entreprises renseignent leurs activités déclarées ; elles ne constituent pas un audit indépendant. Les exemples régionaux ne forment pas un annuaire exhaustif. Illustration de couverture : Atlas du chanvre.
Complément documentaire du 6 octobre 2026 : ajout du projet régional AURA Chanvre et des métiers textiles aval, à partir du site de l’association et du lexique InterChanvre 2026. Les autres bassins, chiffres datés et réserves méthodologiques restent inchangés. Aucun nouveau chiffre n’est attribué à l’intervention d’Occitanie GEOTEX au webinaire du 5 octobre en l’absence de support vérifiable.