Une étude publiée le 28 septembre 2026 dans Epilepsia décrit une association entre usage fréquent de cannabis et plusieurs marqueurs de sévérité chez des adultes atteints d’épilepsie pharmacorésistante. Elle ne démontre pas que le cannabis est la cause des différences observées.

Une cohorte de 64 adultes
L’étude est rétrospective et monocentrique. Elle porte sur 64 adultes admis dans une unité spécialisée de monitoring de l’épilepsie entre 2019 et 2024 : 22 consommateurs fréquents et 42 non-consommateurs. L’usage fréquent était défini comme une consommation documentée au moins 20 jours par mois. Six patients ayant un usage plus faible ont été exclus de l’analyse principale.
Source primaire : Philibert-Rosas et al., “Frequent cannabis use and the association with seizure burden in drug-resistant epilepsy”, Epilepsia, 2026.
Quels résultats ont été observés ?
| Résultat | Usage fréquent | Non-usage |
|---|---|---|
| Crises focales évoluant vers des crises tonico-cloniques bilatérales | 90,9 % | 57,1 % |
| Fréquence annuelle moyenne de ces crises | 3,00 | 1,32 |
| Nombre moyen de médicaments antiépileptiques | 3,05 | 2,21 |
Les auteurs rapportent aussi un délai moyen plus court entre le début de l’épilepsie et l’admission dans l’unité spécialisée : 5,0 ans chez les consommateurs fréquents contre 18,1 ans chez les non-consommateurs.
Le chiffre de 5 ans ne signifie pas une aggravation causée par le cannabis
Cette variable mesure le temps entre le début de l’épilepsie et l’admission dans l’unité de monitoring. Elle peut dépendre du parcours de soins, de la sévérité initiale ou d’autres caractéristiques. Elle ne permet pas de conclure que le cannabis a accéléré l’évolution de la maladie.
Association ne signifie pas causalité
La conception rétrospective ne permet pas d’établir dans quel sens fonctionne la relation. Il est possible qu’un usage fréquent soit associé à des résultats défavorables ; il est aussi possible que des patients ayant une épilepsie plus sévère aient davantage recours au cannabis. D’autres facteurs peuvent intervenir.
Les auteurs demandent des études prospectives utilisant des mesures objectives de l’exposition au cannabis pour clarifier cette relation.
Les principales limites
- 64 participants seulement dans l’analyse principale.
- Un seul centre spécialisé.
- Étude rétrospective.
- Usage de cannabis documenté dans le dossier médical.
- Pas de mesure standardisée de la dose, du THC, du CBD ou du type de produit.
- Les participants avaient tous une épilepsie pharmacorésistante.
Cannabis et CBD pharmaceutique : ne pas confondre
L’étude rappelle que les effets des cannabinoïdes dépendent de leur composition. Des préparations pharmaceutiques de CBD purifié ont montré une activité antiépileptique dans certaines formes précises d’épilepsie. La cohorte étudiée ici portait au contraire sur un usage de cannabis non caractérisé précisément en THC et CBD.
Ces résultats ne permettent donc ni de conclure que le CBD augmente les crises, ni de présenter un produit CBD commercial comme un traitement de l’épilepsie.
Pour replacer cette étude dans le contexte français, consultez notre dossier Cannabis médical en France et notre guide CBD bienfaits : usages, légalité, analyses et précautions en France.
Questions fréquentes
L’étude prouve-t-elle que le cannabis aggrave l’épilepsie ?
Non. Elle montre une association dans cette cohorte. La causalité n’est pas démontrée.
Que signifie « usage fréquent » ?
Un usage documenté au moins 20 jours par mois pendant l’année précédant l’admission.
Cette étude concerne-t-elle le CBD ?
Pas spécifiquement. Les produits consommés n’étaient pas caractérisés précisément en THC et CBD.