Les taxes sur les ventes de cannabis ont rapporté des milliards de dollars aux États américains depuis que le Census Bureau a commencé à les suivre en 2021. Une mise à jour fédérale publiée le 10 septembre 2026 permet de mesurer plus précisément ces recettes — mais aussi de comprendre ce que ces chiffres signifient réellement.
Entre juillet 2025 et juin 2026, 30 États et le District de Columbia ont déclaré environ 3,55 milliards de dollars de recettes issues des taxes d’accise sur le cannabis, selon le U.S. Census Bureau. Le suivi fédéral couvre à la fois des marchés médicaux et récréatifs selon les États.
Plus de 15 milliards de dollars suivis depuis 2021
Le Census Bureau collecte ces données depuis le troisième trimestre 2021. L’addition des montants publiés depuis le début de ce suivi dépasse désormais 15 milliards de dollars. Plusieurs médias spécialisés, dont Soft Secrets, évoquent environ 15,8 milliards de dollars cumulés jusqu’au deuxième trimestre 2026.
La source de référence reste toutefois le produit statistique fédéral Cannabis Excise Sales Tax Collections du U.S. Census Bureau, mis à jour le 10 septembre 2026.
987,5 millions de dollars au deuxième trimestre 2026
Pour le seul deuxième trimestre 2026, les États et Washington D.C. ont déclaré environ 987,5 millions de dollars de recettes fiscales liées au cannabis. Parmi les montants les plus élevés figurent la Californie, l’État de Washington, le Michigan, New York, l’Illinois et le Colorado.
Sur la période juillet 2025–juin 2026, le Census Bureau estime les recettes combinées à 3,55 milliards de dollars. L’agence souligne également qu’en 2021, lorsque le suivi a débuté, 19 États et Washington D.C. appliquaient une taxe d’accise sur le cannabis ; cinq ans plus tard, le nombre atteint 30 États plus D.C.
Que mesure exactement le Census Bureau ?
Il ne s’agit ni du chiffre d’affaires total de l’industrie américaine du cannabis, ni du bénéfice réalisé par les États. Le Census Bureau mesure des recettes fiscales d’accise collectées par les gouvernements des États.
La méthodologie fédérale couvre les taxes d’accise portant sur le cannabis, qu’il soit médical ou récréatif selon les marchés concernés. Les structures fiscales varient fortement d’un État à l’autre : certains taxent le prix de vente, d’autres la quantité, la teneur ou plusieurs étapes de la chaîne.
Pourquoi le chiffre doit être interprété avec prudence
Le Census Bureau qualifie encore cette série de produit statistique expérimental. Lorsqu’un État qui collecte une taxe ne fournit pas de donnée et qu’aucune donnée administrative ne peut la remplacer, la valeur reste manquante : elle n’est pas estimée artificiellement.
L’agence précise donc que sa table ne doit pas être utilisée comme une estimation exhaustive de toutes les taxes sur le cannabis collectées aux États-Unis. Les montants cumulés constituent néanmoins un indicateur important de l’ampleur prise par la fiscalité du cannabis au niveau des États.
Taxer davantage ne signifie pas automatiquement collecter davantage
Le Census Bureau rappelle un autre enjeu : les États cherchent à générer des recettes sans augmenter les prix au point de détourner les consommateurs vers le marché illégal. La fiscalité n’est donc qu’une composante d’un équilibre plus large entre prix, réglementation, marché légal et concurrence du marché clandestin.
La Californie illustre cette difficulté. Les politiques fiscales ont déjà évolué afin de modifier la pression fiscale sur le secteur et de tenter de limiter l’écart de prix avec le marché non réglementé.
Peut-on comparer ces chiffres avec la France ?
Pas directement. Les États-Unis disposent d’une mosaïque de régimes juridiques et fiscaux. Certains États autorisent les ventes de cannabis à usage adulte, d’autres uniquement certains usages médicaux, tandis que le cannabis reste encadré différemment au niveau fédéral.
En France, le cadre juridique du cannabis et celui du chanvre/CBD sont différents. Les recettes fiscales américaines ne permettent donc pas de calculer ce que rapporterait mécaniquement un autre modèle en France.
Ces données restent néanmoins intéressantes pour suivre les conséquences économiques observables des marchés réglementés à l’étranger. Elles peuvent être rapprochées de notre dossier sur le cannabis légal, le CBD, le marché noir et le cadre français.
Un chiffre différent : 28,4 milliards de dollars depuis 2014
Un autre chiffre circule en 2026 : le Marijuana Policy Project estime à plus de 28,4 milliards de dollars les recettes fiscales cumulées provenant des ventes légales de cannabis à usage adulte depuis l’ouverture des premiers marchés en 2014.
Ce chiffre ne contredit pas celui du Census Bureau : les périodes, les périmètres et les méthodes ne sont pas les mêmes. Le Census Bureau suit sa propre série fédérale depuis le troisième trimestre 2021 et couvre les taxes d’accise sur le cannabis selon sa méthodologie ; le rapport du MPP reconstitue les recettes des marchés récréatifs depuis 2014.
À retenir
- Le Census Bureau suit les taxes d’accise sur le cannabis depuis le troisième trimestre 2021.
- 30 États et Washington D.C. collectent désormais ce type de taxe selon la mise à jour fédérale de septembre 2026.
- Les recettes estimées atteignent 3,55 milliards de dollars entre juillet 2025 et juin 2026.
- Le cumul des données publiées depuis 2021 dépasse 15 milliards de dollars.
- Ces recettes ne correspondent ni au chiffre d’affaires du marché ni au bénéfice net des États.
- La série du Census Bureau reste expérimentale et comporte des limites méthodologiques explicites.
Sources
- U.S. Census Bureau — Thirty States and the District of Columbia Collected Nearly $3.6 Billion… (10 septembre 2026)
- U.S. Census Bureau — Cannabis Excise Sales Tax Collections
- Marijuana Policy Project — rapport fiscal 2026 sur les marchés adult-use
- Soft Secrets — article ayant signalé la mise à jour fédérale
Article mis à jour à partir des données disponibles au 20 septembre 2026. Les chiffres du Census Bureau sont susceptibles d’être révisés lors de futures publications statistiques.