Actualité du 23 septembre 2026 · Vérification du 24 septembre 2026.

Le dossier du chanvre en Italie connaît une nouvelle étape européenne. La Commission a publié une lettre de pré-clôture concernant les plaintes contre les restrictions italiennes visant les inflorescences de chanvre. Ses services préfèrent attendre la réponse de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) dans l’affaire C-716/25, Società Agricola Jure.

Cette annonce décrit un choix de traitement des plaintes. Elle ne valide pas l’interdiction italienne et ne constitue pas un arrêt de la CJUE. Pour les professionnels comme pour les consommateurs, la distinction entre une procédure administrative et une décision judiciaire est essentielle.

Salle d’audience de la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg, photographiée en 2009.
Photographie d’archive du 9 mai 2009, sans lien avec une audience de l’affaire C-716/25. Cédric Puisney, via Wikimedia Commons, CC BY 2.0 ; version redressée et ajustée par Luxofluxo.

Ce que la Commission annonce le 23 septembre 2026

La communication officielle CPLT(2025)01027 concerne les restrictions à la circulation des inflorescences de chanvre et des produits qui en contiennent. La Commission avait accusé réception de ces plaintes multiples le 13 août 2025.

Ses services estiment que les questions soulevées sont, pour l’essentiel, couvertes par le renvoi préjudiciel déjà pendant. Ils annoncent donc leur intention de clore l’enquête plutôt que de la poursuivre parallèlement. Ils prévoient toutefois un suivi approprié si la Cour constate une incompatibilité des règles nationales avec le droit de l’Union.

Pré-clôture ne signifie pas clôture définitive

La lettre laisse aux plaignants quatre semaines à compter de sa date pour transmettre des éléments nouveaux susceptibles de faire reconsidérer cette position. Il faut donc parler de pré-clôture, et non affirmer que la procédure administrative est définitivement terminée.

Cette étape n’est pas non plus une décision sur les droits d’un opérateur particulier. Une entreprise confrontée à une restriction, un contrôle ou un litige doit faire examiner sa situation par un professionnel du droit compétent.

Que demande l’affaire C-716/25 sur le chanvre en Italie ?

Le document publié au Journal officiel de l’Union européenne le 26 janvier 2026 présente une demande du Consiglio di Stato, déposée le 11 novembre 2025. Elle oppose plusieurs ministères italiens à Società Agricola Jure Srl.

La première question porte sur la compatibilité de règles nationales avec le droit agricole européen. Elle vise l’utilisation des feuilles, inflorescences, huiles et résines de certaines variétés de Cannabis sativa inscrites au catalogue commun, dans le cadre des seuils de THC cités par les textes applicables.

Le renvoi interroge aussi l’absence de distinction entre l’huile extraite des graines et celle issue des inflorescences ou des feuilles. Il ne s’agit donc pas seulement d’un débat sur une appellation commerciale comme « cannabis light » : les parties de la plante et les usages concernés comptent dans l’analyse juridique.

Une précision importante sur la période examinée

La question reproduite dans l’avis vise expressément la réglementation italienne dans sa version en vigueur jusqu’au 11 avril 2025, telle qu’interprétée par la jurisprudence. Il serait inexact de la présenter comme un jugement déjà rendu sur toutes les dispositions italiennes postérieures.

Le lien avec les plaintes actuelles est établi par la Commission, qui relève le recoupement des questions. Cela ne permet pas d’anticiper la portée exacte du futur arrêt.

Pourquoi le renvoi préjudiciel est différent d’une plainte

L’article 267 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne permet à une juridiction nationale de demander à la CJUE d’interpréter le droit de l’Union. Le juge national utilise ensuite cette réponse pour résoudre le litige dont il est saisi.

Une plainte adressée à la Commission et un renvoi préjudiciel ne sont donc pas deux noms pour la même procédure. La première relève du contrôle de l’application du droit européen par la Commission ; le second place une question juridique devant la Cour. Confondre ces mécanismes peut donner l’impression, à tort, qu’une annonce administrative tranche déjà le fond du contentieux.

Ce que cette annonce ne change pas pour le CBD

Il ne faut tirer de cette lettre ni une autorisation générale de vendre des fleurs en Italie, ni une interdiction nouvelle de tous les produits issus du chanvre. Elle ne fournit pas davantage une réponse universelle sur les aliments, les cosmétiques ou les médicaments : chaque catégorie relève de ses propres exigences.

Pour la France, cette actualité ne remplace pas l’examen des règles françaises et européennes applicables au produit concerné. Notre dossier Cannabis légal en France : CBD et cadre réglementaire traite séparément de ce contexte.

De même, le contentieux sur les inflorescences ne doit pas être confondu avec la procédure d’autorisation des nouveaux aliments. Pour cette question distincte, consultez notre guide du CBD alimentaire et du cadre Novel Food en Europe.

Les prochaines étapes à distinguer

Trois éléments pourront justifier une actualisation : la suite donnée à la pré-clôture administrative, la publication d’un arrêt dans l’affaire C-716/25 et les mesures prises ensuite par les autorités concernées. La lettre ne fournit pas de date de jugement ; nous n’en déduisons aucun calendrier.

Notre lecture éditoriale : l’intérêt de cette actualité est procédural. Elle identifie le dossier judiciaire que la Commission considère pertinent pour les plaintes. Elle n’établit ni l’issue de ce dossier ni une harmonisation immédiate du marché européen du chanvre.

FAQ — Chanvre en Italie, Commission européenne et CJUE

La Commission a-t-elle validé l’interdiction italienne ?

Non. La lettre annonce une intention de clore l’enquête administrative dans l’attente d’une réponse judiciaire. Elle ne tranche pas la compatibilité des restrictions avec le droit européen.

La CJUE a-t-elle déjà rendu son arrêt dans l’affaire C-716/25 ?

La communication de la Commission du 23 septembre 2026 présente l’affaire comme pendante. Aucun arrêt n’est annoncé dans ce document.

La lettre autorise-t-elle à vendre ou à importer des fleurs en Italie ?

Non. Une lettre de pré-clôture ne constitue pas une autorisation commerciale. La conformité d’une opération doit être examinée selon les règles effectivement applicables.

Cette actualité concerne-t-elle tous les usages du chanvre ?

Non. Les plaintes visent les inflorescences et les produits qui en contiennent. Le renvoi cité examine plusieurs parties de la plante, sans constituer une décision générale sur tous les aliments, cosmétiques ou médicaments au chanvre.

Sources et méthode

Sources primaires : Commission européenne, lettre de pré-clôture du 23 septembre 2026 ; JOUE C/2026/298, demande préjudicielle C-716/25 ; article 267 TFUE. La date du 23 septembre désigne l’annonce administrative, pas le dépôt du renvoi ni un arrêt.

Information réglementaire, sans conseil juridique personnalisé ni allégation de santé. Retrouvez les autres dossiers dans les Actualités CBD de MJ Store.

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