Cet article a été actualisé après l’ordonnance n° 516668 rendue par le Conseil d’État le 10 juillet 2026. Cette décision apporte une précision majeure sur la portée du plan de contrôle de la DGAL concernant les denrées alimentaires contenant du CBD.
CBD interdit le 15 mai 2026 : cette formule a largement circulé au printemps 2026. Pourtant, plusieurs mois plus tard, la situation apparaît beaucoup plus nuancée.
Au mois de mai, les autorités françaises ont annoncé un renforcement des contrôles sur les denrées alimentaires contenant du cannabidiol. Le ministère de l’Agriculture a notamment indiqué que ces produits n’étaient pas autorisés au titre du règlement européen sur les nouveaux aliments, appelé Novel Food.
Cependant, le Conseil d’État a apporté le 10 juillet 2026 une précision juridique importante : le plan de contrôle de la DGAL ne produit pas, à lui seul, l’effet d’un retrait général de la vente de tous les produits et compléments alimentaires contenant du CBD.
Alors, le CBD alimentaire est-il interdit ? Peut-on encore commercialiser certaines denrées ? Que change réellement la décision du Conseil d’État ? Voici l’état du dossier en septembre 2026.
CBD interdit le 15 mai 2026 : ce qui change vraiment

Le Conseil d’État n’a ni « légalisé » le CBD alimentaire ni annulé le règlement Novel Food. En revanche, il a précisé que le plan de contrôle DGAL ne produit pas, par lui-même, l’effet d’un retrait général de la vente de tous les produits alimentaires contenant du CBD. La question juridique de fond reste donc déterminante.
Pourquoi parlait-on d’une interdiction du CBD au 15 mai 2026 ?
Au printemps 2026, la Direction générale de l’alimentation a annoncé la généralisation des contrôles concernant les denrées alimentaires contenant du CBD.
Le ministère de l’Agriculture a publié en mai 2026 un communiqué particulièrement ferme. Les autorités y indiquaient que les denrées alimentaires incluant du cannabidiol dans leurs ingrédients n’étaient pas autorisées à la vente au regard du règlement européen 2015/2283.
Cette position repose sur le statut de nouvel aliment, ou Novel Food, attribué à de nombreux extraits de cannabinoïdes.
👉 Source officielle : ministère de l’Agriculture – Denrées alimentaires contenant du CBD
Pour comprendre précisément cette réglementation européenne, consultez également notre dossier : CBD alimentaire interdit en Europe : ce que dit la loi en 2026
CBD et Novel Food : que dit la réglementation européenne ?
Le règlement européen 2015/2283 encadre les nouveaux aliments. Il concerne notamment les aliments ou ingrédients qui ne disposent pas d’un historique de consommation significative dans l’Union européenne avant le 15 mai 1997.
Cette date de 1997 ne doit donc pas être confondue avec le 15 mai 2026 évoqué dans le débat français.
Le ministère de l’Agriculture rappelle que les nouveaux aliments doivent suivre une procédure d’autorisation avant leur mise sur le marché lorsqu’ils entrent dans le champ du règlement.
👉 Ministère de l’Agriculture – Définition et procédure d’autorisation des Novel Food
Quels produits étaient principalement concernés par les annonces de mai ?
Les annonces concernaient avant tout les produits auxquels du CBD ou des extraits de cannabinoïdes avaient été incorporés et qui étaient commercialisés comme denrées alimentaires ou compléments alimentaires.
- huiles contenant du CBD présentées comme alimentaires ;
- gummies et bonbons contenant du CBD ;
- compléments alimentaires contenant du CBD ;
- boissons enrichies en cannabidiol ;
- denrées contenant des extraits de cannabinoïdes ;
- certains produits présentés comme infusions au CBD.
Le ministère apporte néanmoins une distinction importante. Les graines de chanvre et leurs dérivés, notamment l’huile de graines de chanvre, ainsi que les feuilles exclusivement destinées à la préparation d’une infusion aqueuse, ne sont pas considérés comme de nouveaux aliments dans les conditions précisées par l’administration. Ces produits doivent néanmoins respecter les autres règles applicables et ne pas être enrichis en extraits de cannabinoïdes.

10 juillet 2026 : le Conseil d’État apporte une précision majeure
⚖️ Décision n° 516668 du Conseil d’État
Plusieurs organisations et entreprises de la filière CBD ont saisi le juge des référés du Conseil d’État afin d’obtenir la suspension de la décision qu’elles estimaient révélée par le plan national de contrôle 2026 de la DGAL.
Les requérants demandaient notamment la suspension de ce qu’ils considéraient comme une décision interdisant la vente de toute denrée alimentaire contenant du CBD.
Le Conseil d’État a rejeté leur demande de suspension. Cependant, la motivation de l’ordonnance apporte une précision essentielle sur les effets juridiques du plan de contrôle.
Le plan DGAL ne retire pas, à lui seul, tous les produits du marché
Dans son ordonnance du 10 juillet 2026, le Conseil d’État indique que le plan de généralisation des contrôles et l’analyse qui l’accompagne ont, dans l’immédiat, pour effet de mettre fin à la délivrance de nouvelles attestations de déclaration concernant les denrées alimentaires contenant du CBD.
Le juge apporte ensuite une précision déterminante : même si le plan mentionne le retrait de la vente des produits et compléments alimentaires contenant du CBD, ce plan n’a pas, par lui-même, un tel effet.
Cette phrase ne signifie pas que le Conseil d’État a déclaré tous les produits alimentaires au CBD légaux. Elle signifie que le plan de contrôle contesté ne constitue pas, à lui seul, une mesure produisant automatiquement le retrait général de tous ces produits.
👉 Lire l’ordonnance n° 516668 du Conseil d’État sur Légifrance
Le Conseil d’État a-t-il annulé l’interdiction du CBD alimentaire ?
Non. C’est le point essentiel de cette mise à jour.
Certains commentaires publiés après l’ordonnance ont présenté la décision comme une « annulation de l’interdiction ». Cette formulation va plus loin que ce que dit réellement l’ordonnance.
Le Conseil d’État n’a pas jugé, dans cette procédure de référé, que les denrées contenant du CBD étaient désormais librement commercialisables. Il n’a pas non plus annulé le règlement européen Novel Food et n’a pas tranché la question de la légalité de la position administrative contestée.
Ce que l’ordonnance ne dit pas
- elle ne déclare pas tous les aliments au CBD légaux ;
- elle n’autorise pas automatiquement toutes les huiles CBD alimentaires ;
- elle ne valide pas automatiquement les gummies ou compléments alimentaires ;
- elle n’écarte pas le règlement Novel Food ;
- elle ne tranche pas définitivement la légalité de la position de la DGAL.
Pourquoi le recours a-t-il alors été rejeté ?
Le juge des référés a rejeté la demande parce qu’il n’a pas considéré que la condition d’urgence nécessaire à une suspension était remplie.
Autrement dit, le rejet du recours en référé ne constitue pas une validation au fond de la position de la DGAL. Le Conseil d’État précise qu’il n’est pas nécessaire, à ce stade, de se prononcer sur la légalité de la décision contestée.
L’ordonnance indiquait qu’un jugement au fond devrait pouvoir intervenir à l’automne 2026.
📅 Chronologie du dossier
15 avril 2026 : annonces de la DGAL relatives au plan national de contrôle.
Mai 2026 : la perspective d’un retrait des denrées alimentaires contenant du CBD est largement relayée.
Mai 2026 : le ministère de l’Agriculture publie un communiqué indiquant que les denrées contenant du CBD ne sont pas autorisées au titre du règlement Novel Food et annonce le renforcement des contrôles.
12 juin 2026 : plusieurs organisations professionnelles et entreprises saisissent le Conseil d’État.
10 juillet 2026 : le juge des référés rejette la demande de suspension faute d’urgence, tout en précisant que le plan de contrôle ne produit pas, par lui-même, l’effet d’un retrait général de la vente.
Automne 2026 : un jugement au fond est annoncé dans l’ordonnance. Son contenu sera déterminant pour la suite du dossier.
La position de l’administration reste néanmoins très stricte
Il faut également éviter l’erreur inverse. L’ordonnance du Conseil d’État ne fait pas disparaître la position administrative publiée au mois de mai.
Le ministère de l’Agriculture maintient sur son site son communiqué consacré aux denrées alimentaires contenant du cannabidiol. Nous sommes donc face à une situation qui nécessite une lecture juridique prudente : d’un côté, l’administration maintient une interprétation restrictive du règlement Novel Food ; de l’autre, le Conseil d’État a précisé que le plan de contrôle n’a pas, par lui-même, l’effet juridique d’un retrait général.
Que dit l’EFSA en 2026 ?
En février 2026, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a établi un niveau provisoire de sécurité de 0,0275 mg de CBD par kilogramme de poids corporel et par jour, soit environ 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg.
Cependant, cette valeur ne constitue pas une autorisation générale du CBD alimentaire. Elle concerne uniquement certaines formulations répondant aux conditions précisées par l’EFSA, qui souligne également que plusieurs lacunes scientifiques persistent.
👉 EFSA – Limite provisoire de sécurité pour le cannabidiol
Peut-on remettre immédiatement en vente huiles CBD, gummies et compléments ?
La décision du 10 juillet ne permet pas, à elle seule, de répondre « oui » à cette question.
Chaque produit peut dépendre de sa composition, de son procédé de fabrication, de son statut réglementaire, de sa présentation et éventuellement de démarches administratives antérieures. Par conséquent, un professionnel ne devrait pas interpréter l’ordonnance comme une autorisation générale de remettre automatiquement tous ses anciens produits alimentaires au CBD en rayon.
Compte tenu de l’écart entre la position administrative actuelle et la portée précise de l’ordonnance du Conseil d’État, une vérification juridique produit par produit reste préférable avant toute remise en vente d’une denrée contenant du CBD.
Ce qui ne change pas pour la communication des professionnels
Cette évolution juridique ne justifie pas le retour des anciennes allégations commerciales sur les effets du CBD. Les professionnels doivent notamment rester prudents avec les allégations thérapeutiques, les promesses concernant le sommeil, le stress, l’anxiété ou la douleur et les conseils de dosage non justifiés.
Chez MJ Store Damgan, nous conservons une communication fondée sur la transparence, la composition des produits et les analyses laboratoire.
CBD interdit le 15 mai 2026 : ce qu’il faut retenir en septembre

La formule « CBD interdit le 15 mai 2026 » apparaît aujourd’hui trop simplificatrice.
Le ministère de l’Agriculture maintient une position restrictive concernant les denrées contenant du CBD et le règlement Novel Food. Cependant, l’ordonnance du Conseil d’État du 10 juillet montre que le plan de contrôle de la DGAL ne produit pas automatiquement, par lui-même, le retrait général de tous les produits concernés.
Le Conseil d’État n’a toutefois pas tranché la légalité de cette position dans son ordonnance de référé. La prochaine étape importante sera donc la décision au fond annoncée pour l’automne 2026.
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Comprendre la réglementation du CBD alimentaire en EuropePour aller plus loin
- CBD alimentaire interdit en Europe : ce que dit la loi en 2026
- Test salivaire cannabis positif : CBD, THC, D10 et permis
- D10 : guide complet
- D10 danger : risques et précautions
FAQ – CBD interdit le 15 mai 2026 et décision du Conseil d’État
Le Conseil d’État a-t-il annulé l’interdiction du CBD alimentaire ?
Non. L’ordonnance du 10 juillet 2026 rejette une demande de suspension et précise la portée du plan de contrôle DGAL. Le juge des référés ne tranche pas la légalité de la position administrative au fond.
Que dit exactement la décision n° 516668 ?
Le Conseil d’État constate notamment que le plan de contrôle a, dans l’immédiat, pour effet de mettre fin aux nouvelles attestations de déclaration. Il précise également que la mention du retrait de la vente des produits et compléments contenant du CBD ne produit pas, par elle-même, cet effet.
Les huiles CBD alimentaires sont-elles de nouveau autorisées ?
L’ordonnance ne constitue pas une autorisation générale de commercialisation des huiles CBD alimentaires. Leur situation doit être appréciée au regard de leur composition, de leur statut réglementaire et des règles européennes applicables.
Peut-on remettre les gummies CBD en vente ?
La décision du Conseil d’État ne légalise pas automatiquement les gummies contenant du CBD. Les produits enrichis en cannabidiol restent notamment concernés par le cadre Novel Food.
Le règlement Novel Food a-t-il été annulé ?
Non. Le règlement européen 2015/2283 reste applicable.
Pourquoi le Conseil d’État a-t-il rejeté le recours ?
Le juge des référés a considéré que la condition d’urgence nécessaire pour prononcer une suspension n’était pas remplie. Il n’a donc pas eu besoin de trancher la légalité de la décision contestée à ce stade.
Une nouvelle décision est-elle attendue ?
Oui. Dans son ordonnance du 10 juillet 2026, le Conseil d’État indiquait qu’un jugement au fond devrait pouvoir intervenir à l’automne 2026.
Le CBD est-il totalement interdit en France ?
Non. Le débat traité ici concerne principalement les denrées alimentaires contenant du CBD et leur statut au regard du règlement Novel Food. Il ne correspond pas à une interdiction générale de tous les produits contenant du cannabidiol.
Que dit l’EFSA sur le CBD en 2026 ?
L’EFSA a fixé en février 2026 un niveau provisoire d’environ 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg dans des conditions spécifiques. Cette valeur ne constitue pas une autorisation générale de commercialisation des aliments contenant du CBD.
Pour suivre les autres sujets de ce dossier, consultez notre rubrique Réglementation & sécurité.
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