Une étude publiée fin septembre 2026 dans Annals of Internal Medicine estime qu’environ 110 000 personnes sont enregistrées comme medical cannabis caregivers aux États-Unis, contre un peu plus de 35 000 cliniciens autorisés à approuver l’accès au cannabis médical. Le ratio est proche de trois caregivers pour un clinicien, mais il ne compare pas deux professions équivalentes.
Le terme américain caregiver peut prêter à confusion en français. Dans les programmes d’États étudiés, il désigne une personne enregistrée pour aider un patient à obtenir, gérer et, selon les règles locales, parfois cultiver du cannabis médical. Il ne s’agit pas nécessairement d’un professionnel de santé.

Que montre l’étude de 2026 ?
Les chercheurs de l’University of Michigan ont compilé des données publiques issues des programmes de cannabis médical des États américains entre 2020 et 2024. Leur objectif était d’estimer le nombre de cliniciens autorisés à approuver l’accès au cannabis médical et, pour 2024, le nombre de caregivers enregistrés.
La publication s’intitule “U.S. Authorizing Clinicians and Medical Cannabis Caregivers: 2020–2024”. Elle a été publiée dans Annals of Internal Medicine avec Kevin F. Boehnke comme auteur correspondant.
Source : Annals of Internal Medicine — DOI 10.7326/ANNALS-26-03446.
Plus de 35 000 cliniciens autorisateurs en 2024
Le nombre de cliniciens autorisés à approuver l’accès au cannabis médical est passé d’environ 29 500 en 2020 à plus de 35 000 en 2024.
Ces cliniciens ne « prescrivent » pas nécessairement le cannabis comme un médicament classique délivré sur ordonnance fédérale. Leur rôle dépend du programme de chaque État : ils certifient ou approuvent l’éligibilité du patient selon le cadre local.
Près de 110 000 caregivers recensés
Pour 2024, les chercheurs identifient près de 110 000 caregivers enregistrés dans les programmes médicaux américains. Il s’agit de la première estimation nationale de cette population publiée par cette équipe.
Le communiqué de l’American College of Physicians résume leur rôle ainsi : ces personnes peuvent aider des patients à obtenir, cultiver ou gérer des produits de cannabis, selon la réglementation de l’État concerné.
Pourquoi parle-t-on d’un ratio de 3 pour 1 ?
| Catégorie | Estimation 2024 |
|---|---|
| Cliniciens autorisateurs | Plus de 35 000 |
| Caregivers enregistrés | Près de 110 000 |
En nombre absolu, les caregivers sont donc environ trois fois plus nombreux que les cliniciens autorisateurs.
Mais ce ratio ne signifie pas qu’un patient reçoit trois fois plus de soins non médicaux que de soins médicaux. Les deux fonctions sont différentes : un clinicien peut autoriser de nombreux patients, tandis qu’un caregiver est souvent lié directement à un nombre limité de patients et intervient dans l’accès pratique aux produits.
Un taux par patient environ quatre fois supérieur
Les auteurs rapportent également environ quatre fois plus de caregivers par patient que de cliniciens autorisateurs par patient. Là encore, ce résultat décrit l’organisation des programmes : il ne mesure ni la qualité des soins, ni la fréquence des consultations, ni le nombre de conseils médicaux reçus.
Que peut faire un caregiver ?
Les droits et obligations varient fortement selon les États. Un caregiver peut, suivant le programme local, être autorisé à :
- acheter du cannabis médical pour le compte d’un patient ;
- le transporter ou le conserver ;
- aider à gérer les produits autorisés ;
- dans certains États, cultiver du cannabis pour un patient.
Il ne faut donc pas traduire automatiquement caregiver par « médecin », « infirmier » ou même « aidant familial » au sens français. C’est un statut défini par les programmes américains de cannabis médical.
Pourquoi les chiffres varient-ils selon les États ?
L’étude observe des taux de caregivers plus élevés dans les juridictions qui autorisent la culture à domicile et dans celles qui disposent également d’un marché de cannabis pour adultes.
Les auteurs y voient surtout le reflet de différences de réglementation et d’accès. Les États américains n’utilisent pas tous les mêmes critères d’éligibilité, les mêmes procédures d’enregistrement ou les mêmes droits accordés aux caregivers.
Ce que l’étude ne permet pas de conclure
- Elle ne montre pas que les caregivers remplacent les médecins.
- Elle ne mesure pas la qualité des conseils donnés aux patients.
- Elle ne compare pas deux catégories professionnelles équivalentes.
- Elle ne démontre pas qu’un modèle d’État est meilleur qu’un autre.
- Elle ne permet pas de déduire combien de cannabis chaque caregiver fournit ou gère.
Pourquoi cette estimation est utile
Le cannabis médical américain repose sur une architecture très décentralisée. Chaque État fixe ses propres règles, tandis que le cannabis reste encadré différemment au niveau fédéral. Disposer d’un comptage des cliniciens et des caregivers permet donc de mieux comprendre qui intervient réellement entre l’autorisation médicale et l’accès du patient aux produits.
Le chiffre de près de 110 000 caregivers montre surtout l’importance de cette fonction dans certains programmes d’États, une dimension jusque-là beaucoup moins quantifiée que le nombre de patients ou de cliniciens.
Et en France ?
Le système américain ne doit pas être transposé directement au cadre français. La France a organisé son expérimentation puis sa période de transition autour de médicaments à base de cannabis, de prescriptions et de délivrances encadrées. Le mot américain caregiver ne désigne donc pas un statut équivalent au « proche aidant » français.
Pour suivre le cadre français, consultez notre dossier Cannabis médical en France : pourquoi les décrets sont encore attendus en 2026.
Questions fréquentes
Un caregiver américain est-il un professionnel de santé ?
Pas nécessairement. Il s’agit d’une personne enregistrée selon les règles d’un programme d’État pour aider un patient à accéder ou à gérer son cannabis médical.
Pourquoi y a-t-il trois fois plus de caregivers que de cliniciens ?
Parce que leurs rôles sont différents. Un clinicien peut autoriser de nombreux patients, tandis qu’un caregiver intervient plus directement auprès d’un ou de quelques patients, selon les limites fixées par l’État.
Les cliniciens prescrivent-ils du cannabis comme un médicament classique ?
Le fonctionnement dépend des États. L’étude parle de cliniciens authorizing, c’est-à-dire autorisés à approuver ou certifier l’accès des patients dans les programmes médicaux concernés.
Sources
- Boehnke et al., Annals of Internal Medicine, 2026 — étude originale.
- American College of Physicians — communiqué présentant les résultats.
- Ganjapreneur — présentation de l’étude.
Article publié le 2 octobre 2026. Les chiffres décrivent les programmes américains de cannabis médical et ne doivent pas être transposés directement au système français.